‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 104 sur 350 · LA NOUVELLE DE LA CONVOCATION · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE DE LA CONVOCATION

inspirait des craintes pour l'autorité du roi et pour la leur. Le vieux maréchal de Richelieu demandait quelle peine Louis XIV eût infligée au ministre qui lui eût proposé d'assembler les Notables. Un des seigneurs les plus spirituels, le vicomte de Ségur, disait : Le roi donne sa démission *. » A Paris, en province, la révélation du déficit provoqua une explosion soudaine, incroyable. « On ne peut dépeindre la surprise de la nation, dit Rabaut- Saint-Étienne % ni son indignation à cette nouvelle inopinée. » En signalant le même fait, Weber emploie précisément les mêmes mots : il rappelle « le cri de surprise et d'indignation, qui retentit dans toute la France au moment de cette inattendue et terrible manifestation ^ » Quoi de plus naturel! Il y avait à peine six ans que le compte rendu de Necker montrait, en pleine guerre d'Amérique, un excédant de ressources supérieur à dix millions. Il y avait à peine un an que Galonné lui-même, dans le préambule de son dernier emprunt, en décembre 1785, vantait l'abondance des fonds qui affluaient au trésor. La conscience publique se révolta de contradictions aussi monstrueuses. On ne prit pas le temps de chercher où était la vérité. On n'attendit pas les explications de Galonné, ni l'exposé de ses plans de réformes. Une clameur générale s'éleva contre lui. Il fut condamné avant d'avoir été entendu.

Cependant le petit nombre d'hommes, qui avaient conservé l'habitude de réfléchir aux affaires de l'Etat, considérait les choses sous un aspect bien différent. Loin de s'indigner, en apprenant l'existence du déficit, ils étaient au fond du cœur tentés de s'en réjouir, parce qu'ils y voyaient une source d'embarras qui forceraient la royauté

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