‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 117 sur 350 · Annales françaises, p · texte numérisé non relu

Annales françaises, p

vernement. Elle vient d'une Assemblée qui réunissait Télite de l'aristocratie française. Eux aussi, gentilshommes et prélats, représentants de la noblesse et du clergé, la première fois qu'ils ont eu l'occas-on de se prononcer librement et solennellement, ils ont adopté la théorie moderne, comme étant la plus sage. Pourquoi s'étonner si depuis cette théorie a fait son chemin dans le monde? Elle s'est présentée, dès l'origine, sous le patronage de ceux qui devaient la combattre et qui l'auraient certainement combattue, si elle ne les eût pas désarmés par son évidente justice.

Dans l'ordre des mémoires à examiner, la subvention territoriale fournissait aux bureaux le second objet de leurs délibérations. C'était là que les ennemis de Galonné se proposaient de concentrer leurs principaux efforts. Au fond du cœur, la grande majorité de l'Assemblée rejetait d'avance un impôt préjudiciable à ses intérêts et à ses privilèges. Cette cause naturelle d'opposition se compliquait de plusieurs autres. Le clergé était d'autant plus hostile à la subvention territoriale qu'elle avait servi de prétexte pour l'amener au remboursement de ses dettes. Il comptait, parmi les Notables, des membres actifs, intelligents, dont quelques-uns avaient contracté dans les États provinciaux l'habitude des affaires publiques et des manœuvres parlementaires. A leur tête marchait l'archevêque de Toulouse, de Loménie de Brienne, « homme d'esprit, plein d'ambition, familier dans l'art de l'intrigue * » et qui depuis longues années, se sentant protégé par la reine, aspirait à devenir ministre. Chaque soir, le petit groupe des prélats se réunissait chez l'archevêque de Narbonne et concertait les moyens de battre en brèche les projets ministériels. Celui des magistrats avait aussi des réunions particu-

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