Mémoires de Weber, édition Lescure, p
2. Annales françaises, p. 62. « En ce temps-là, Galonné dit à ses disciples : le royaume de France est semblable à un père de famille, qui,
C'est alors que les Notables s'enhardirent à prétendre, qu'avant d'autoriser la création de nouvelles ressources, ils avaient besoin de vérifier l'origine et l'importance du déficit, et par conséquent de connaître les états de recettes et dépenses, sur lesquels le contrôleur général appuyait ses calculs et ses explications. Ils manifestèrent aussitôt le dessein de réclamer la communication des pièces qu'ils jugeaient nécessaires à leur étude. « Ces messieurs sont bien curieux! » s'écria Galonné, en apprenant cette exigence imprévue * . On répète sans cesse que la seule pensée de voir les Notables pénétrer dans les détails de sa gestion lui causait de vives inquiétudes. Répétons à notre tour que Galonné avait beaucoup plus de motifs pour souhaiter la lumière que pour en craindre les effets. S'il n'eût été retenu par quelque considération particulière, il n'aurait pas plus refusé la communication des états de recettes et dépenses que le débat contradictoire avec Necker. Mais la demande, qui nous paraît si naturelle, choquait si fort les principes et les habitudes de l'ancien régime, qu'aux yeux des juges les moins suspects, elle paraissait entachée d'une indiscrétion poussée jusqu'au défi. Il faut lire à ce propos les réflexions carac-
ayant assemblé dans sa cour les principaux de ses animaux dômesti(iues, leur parla en ces termes :
Mes chers amis et bonnes bêtes, Coqs, canards, poulets et dindons, Essayez, en grattant vos têtes, D'en tirer de bonnes raisons ; Et, sur la forme et non le fonds, Discutez tous tant que vous êtes.
Le plus hardi de mes valets, Qu'un grand amour du bien domine, M'apprend que le ciel vous a faits Pour ma gloire et pour ma cuisine.
Je prétends donc vous croquer tous; Tel est mon petit manifeste.
Sur la sauce décidez-vous...
Mon cuisinier fera le reste.