Droz, Ilh'L de Louis XVI, t. I, p
ne se décida guère par des motifs plus sérieux et plus durables. Là était le vrai péril, sinon dans le présent, au moins dans l'avenir. En dénonçant l'opposition des privilégiés aux plans ministériels, la royauté proclamait la justice des réformes proposées et contractait Fensragement public d'en poursuivre l'exécution quand même. Elle fournissait des armes contre elle, si jamais elle avait le tort de revenir au système des privilégiés.
Quoi qu'il en soit, V Avertissement Gerbier, loin d'avoir sur les masses populaires l'action fâcheuse dont on lui fait un crime, ne parvint même pas à secouer leur apathie. Aucune manifestation de leur part ne répondit à l'appel de la couronne. Elles continuèrent d'assister impassibles à des luttes qui ne semblaient pas les toucher. Dans les classes éclairées du tiers état, les quelques hommes qui s'occupaient de politique ne croyaient pas à la sincérité d'un revirement si brusque dans la politique gouvernementale. Ils comptaient encore moins sur la persistance de résolutions prises pour le besoin de la cause; et, sans rien faire, sans rien dire, ils se bornèrent à prendre acte d'aveux qu'ils se réservaient d'utiliser plus tard.
Au contraire, parmi les Notables qui se sentaient atteints à l'endroit le plus cuisant, parmi les privilégiés en général et les adhérents qu'ils traînaient à leur remorque, dans les salons où dominaient la noblesse et le clergé, à Versailles et à Paris, il se fit une explosion d'une violence inouïe. L'Assemblée s'était séparée le samedi 31 mars, le jour même où parut VAvertissemefit de Gerbier ^ Elle reprit ses délibérations le lundi suivant,
1. Cette date est constatée par VHistoire du gouvernement français de l'abbé Papon, p. 9.