‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 129 sur 350 · IRRITATION DES NOTABLES · texte numérisé non relu

IRRITATION DES NOTABLES

2 avril, avec la ferme volonté de chasser le téméraire qui s'était permis de la braver. Tous les bureaux s'entendirent pour rédiger des protestations indignées et pour obséder le roi de leurs plaintes. On jugera de leurs dispositions par l'arrêté suivant que rendirent les grenadiers de Gonti (sixième bureau) et qui servit de modèle à tous les autres * : « Le bureau, consterné de l'effet dangereux que doit produire dans l'esprit du peuple V Avertissement mis à la tête des Mémoires et dont l'extrait a été répandu séparément, ne peut trop s'empresser de mettre aux pieds du roi ses respectueuses réclamations. La première impression d'une douleur profonde, le premier cri de l'honneur offensé sont les seuls mouvements auxquels le bureau puisse se livrer en ce moment. La confiance précieuse dont Sa Majesté a honoré l'assemblée des Notables.... ne laissé pas douter au bureau qu'elle ne lui permette de lui représenter la preuve que la vérité a été dissimulée dans V Avertissement. En conséquence, il a été arrêté que le roi serait très humblement supplié de permettre que ses différents arrêtés soient imprimés et rendus publics, pour servir de témoignage à la droiture de ses vues et à la pureté de ses intentions. » Le roi répondit « que son ministre n'avait rien fait imprimer que par son ordre, et que les Notables pourraient, de leur côté, rendre publics les différents arrêtés qu'ils avaient pris dans leurs bureaux respectifs 2. » Singulière réponse ! Louis XVI assume la responsabilité de la publication de Galonné, et, par esprit de justice, il permet aux Notables de protester contre cet acte, mais sans leur exprimer son juste mécontentement, sans leur représenter qu'au milieu de tels

Page 1