Droz, Uist de Louis XVI, t. T, p
Beauvau et sa coterie ; celle de Brienne, soutenue par la reine et le baron de Breteuil; celle d'un homme moins connu, Le Camus de Néville, intendant de Guyenne, la créature et le protégé de Miromesnil \ Parmi les adversaires acharnés à sa ruine, Galonné comptait deux de ses collègues, le garde des sceaux et le ministre de la maison du roi.
Le garde des sceaux. Hue de Miromesnil, avait toujours détesté les réformes et les réformateurs. Il ne faisait que reprendre, contre Galonné, la lutte obstinée qu'il avait jadis soutenue contre Turgot. Sa première campagne n'avait que trop bien réussi; il espérait également le succès de la dernière, et, pour être à même d'en mieux profiter, il tenait en réserve un candidat de son choix à la place de contrôleur général. Ge qui lui inspirait tant de confiance dans le résultat de ses efforts, c'est qu'il s'était assuré le concours de toute la haute magistrature. Depuis le commencement de l'assemblée des Notables, il réunissait chaque soir les parlementaires, qui faisaient partie de cette Assemblée, et de préférence les premiers présidents, avec lesquels il combinait les moyens de déjouer les plans de son collègue. Les présidents se chargeaient ensuite de transmettre autour d'eux le mot d'ordre convenu. Personne, à Versailles, n'ignorait ces manœuvres; mais Galonné, ne voulant laisser aucun doute au roi, le suppha de demander à la poste un extrait de la correspondance des présidents. G'était un moyen dont Louis XVI aimait à se servir. Il y trouva la preuve manifeste que le garde des sceaux ne reculait devant aucune menée afin de faire échouer des projets acceptés par lui dans le sein du conseil, et que la seule approbation du roi devait lui rendre respectables. Sa disgrâce fut bientôt résolue. Ga-