‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 135 sur 350 · Mémoires de Besenval, t. III, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Besenval, t. III, p

lonne obtint une autre satisfaction. Consulté sur le choix d'un nouveau garde des sceaux, il s'empressa de désigner Lamoignon, dont le dévouement lui offrait de sérieuses garanties K

Une fois débarrassé de Miromesmil, il entreprit d'en finir avec Breteuil. Le roi venait de lui donner en apparence un double témoignage d'estime et de lui sacrifier un collègue suspect d'hostilités déloyales. Pourquoi ne pas punir, avec Miromesnil, Breteuil coupable des mêmes torts? Livré à ses propres inspirations, Louis XVI y aurait consenti, sans trop de répugnance; mais, avant de se décider, il voulut réfléchir, consulter la reine, et ce n'est pas Breteuil qui fut renvoyé, c'est Galonné. En sorte qu'on put lire, dans les journaux du temps, ces deux nouvelles contradictoires, insérées à la suite l'une de l'autre : « Le dimanche 8 avril, le roi, sur la démission de monseigneur Hue de Miromesnil, garde des sceaux de France, a nommé pour le remplacer monseigneur Chrétien-François de Lamoignon, président à mortier au parlement de Paris, l'un des Notables.... Le lendemain, sur la démission de M. de Calonne, Sa Majesté a nommé contrôleur général M. Michel Bouvard de Fourqueux, conseiller d'Etat ordinaire et aussi l'un des Notables convoqués \ » Si habitués qu'ils fussent aux surprises des remaniements ministériels, les contemporains ne pouvaient en croire ni leurs yeux ni leurs oreilles. Les courtisans eux-mêmes, qui avaient suivi de plus près les phases de ces incidents bizarres, se perdaient en conjectures. Sommes-nous aujourd'hui beaucoup mieux informés qu'eux? L'insuffisance des renseignements actuels nous oblige encore à nous con-

1. Besenval raconte longuement, dans ses Mémoires, t. III, p. 189 et suivantes, à l'aide de quelles intrigues il fit agréer par Calonne le choix de Lamoignon, et comment ensuite Galonné le fit à son tour agréer par le roi.

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