‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 144 sur 350 · Lois anciennes, t. XXVIII, p · texte numérisé non relu

Lois anciennes, t. XXVIII, p

3. Collection de la Bibl. tiat., eodem, pièce n° 7 (manuscrite). • Rapport fait au bureau de S. A. S. Mgr le duc d'Orléans de ce qui s'est passé à la conférence tenue chez Monsieur, frère du roi, le 9 mai. »

posait de la réduire au chiffre maximum de 80 millions, et de compléter les ressources nécessaires au trésor, par un supplément de capitation ayant pour base le loyer des contribuables. En l'entendant, ses auditeurs ne purent réprimer un mouvement de surprise. Ils avaient eu la naïveté de supposer qu'un chef d'opposition n'arrivait aux affaires que pour inaugurer une nouvelle politique, et ils retrouvaient, dans la bouche de Brienne, les mêmes principes que dans celle de son prédécesseur. Lorsqu'ils avaient renversé Galonné, ils s'étaient crus à jamais débarrassés de ses plans : pas du tout. Galonné était en exil, et sauf des modifications insignifiantes , ses plans lui survivaient. Il y avait de quoi refroidir les effusions du premier moment. On se sépara sans avoir rien conclu, et bientôt les bureaux, avertis de ce qui s'était passé, reprirent le cours des luttes à peine interrompues.

« J'ai toujours pensé, » dit un jour Lafayette à ses collègues \ « que les précautions contre le déficit futur doivent précéder celles qu'on prendra pour combler le déficit actuel. » Sous ce prétexte, les Notables négligèrent complètement la question de savoir à l'aide de quelles ressources on pourvoirait à l'insuffisance évidente des recettes. Leur attention se détourna tout entière sur les moyens de soumettre l'administration des finances à un contrôle sévère. Déjà le premier bureau, que présidait Monsieur, était entré dans cette voie, en déclarant par un arrêté du 5 mai : « qu'inutilement la nation multiplierait les sacrifices, qu'exigent d'elle la gloire et la sûreté de l'État, si des précautions sagement combinées et strictement établies ne prévenaient le retour du désordre... : que, moins il y a de précautions à prendre contre la personne d'un ministre, plus il est sage peut-

Page 1