Eodem, p
former et maintenir Tesprit d'une telle assemblée. Le chef que Ton venait de donner à la magistrature était loin d'avoir cet esprit de sagesse, cette prudence consommée qui eussent toujours dû distinguer un chancelier de France. Lamoignon était vain et superficiel, irréfléchi et emporté. » Non seulement, dans ses rapports avec les cours de justice, il ne conserva pas les anciennes traditions, mais il leur fit subir des modifications fâcheuses. « Jusqu'alors \ avant de présenter les lois à l'enregistrement, on en confiait les projets au premier président, qui les soumettait à l'examen des présidents (à mortier) et des membres qu'il croyait devoir consulter. Si cet usage n'eût pas existé, il eût fallu le créer pour le moment présent. Lamoignon, au contraire, avait écouté les conseils astucieux de ceux qui lui dépeignaient cette communication comme prêtant des armes à l'intrigue. Il supprima cette précaution si prudente et dont l'expérience avait constamment démontré l'utilité. »
Une dernière faute vint compliquer les périls de la situation. Le roi fit témoigner aux pairs du royaume le désir qu'ils assistassent aux délibérations du parlement de Paris, quand les édits préparés seraient soumis à l'enregistrement. On se flattait que les princes, alors tous dévoués, y compris le duc d'Orléans, exerceraient une heureuse influence sur l'esprit des magistrats. On croyait que les autres pairs suivraient l'exemple des princes. C'était une profonde erreur. L'opinion des princes, ne paraissant pas libre, n'avait aucune autorité. Eux-mêmes, sentant leur rôle équivoque, laissaient percer leur embarras. Quant aux autres pairs, un g'rand nombre avait rapporté, de l'assemblée des Notables, des habitudes d'opposition dont ils ne comptaient pas se départir. Loin d'être utile, leur présence était plutôt