‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 159 sur 350 · Annalfs fratiçaises, \i · texte numérisé non relu

Annalfs fratiçaises, \i

dangereuse. Elle avait surtout l'énorme inconvénient de donner aux débats un caractère exceptionnel de gravité et de solennité qui en doublait le retentissement.

Tout annonçait le début d'un conflit redoutable, précurseur de crises plus redoutables encore.

Au milieu d'une agitation toujours croissante, le gouvernement n'avait pas une minute à perdre. Sa conduite devait être aussi prompte qu'énergique. Avait-il besoin d'exposer aux arguties du parlement de Paris une série de mesures, longuement discutées dans une assemblée solennelle, où siégeaient avec les princes et les pairs, avec les chefs de la noblesse et du clergé, ceux de tous les parlements de France? Jamais le roi n'eût été de plus excusable de réclamer impérieusement l'enregistrement pur et simple. Après la clôture des Notables, il ne restait que deux choses à faire : modifier les édits préparés par Galonné, en tenant compte des justes observations qu'ils venaient de motiver; et les porter ensuite au Palais, tous ensemble, dans une séance royale, qui n'admettrait ni discussion ni retard. C'était le meilleur moyen d'engager la lutte, et peut-être le seul de la terminer d'un seul coup. L'opinion publique était préparée à ce dénouement. Chaque jour, on en attendait l'annonce. Le parlement lui-même ne s'était pas encore enhardi jusqu'à braver en face les manifestations traditionnelles de la volonté suprême. Il n'avait arrêté aucun système de résistance. Pris à l'improviste, il eût essayé de vaines remontrances, qui seraient passées inaperçues, sans créer d'obstacles sérieux.

Si le résultat a trompé les prévisions générales, ce n'est pas, dit-on, la faute du garde des sceaux. Dans le

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