Mémoires de Bésenval, t. Ul, p
vait pas se retrouver. A défaut d'une solution prompte allaient bientôt surgir des difficultés inextricables.
Brienne ne comprit même pas que plus il mettrait de lenteur à parcourir la route dans laquelle il s'engageait si mal à propos, plus il en augmenterait les périls. Avant de soumettre à la sanction parlementaire un seul des nouveaux édits, il s'occupa de faire adopter par le Conseil du roi les mesures sur lesquelles il comptait pour captiver la bienveillance publique. Deux règlements, des 5 et 6 juin 1787, annoncèrent la réorganisation du conseil des finances et de celui du commerce ^
Dieu sait combien, depuis le commencement du règne, ce pauvre conseil des finances avait été remanié de fois. C'est un des leurres dont on avait le plus abusé, en vue de rassurer l'opinion et de masquer les progrès du désordre. Chaque nouveau ministre arrivait avec son programme : chaque programme, accompagné de promesses trompeuses, garantissait des effets merveilleux; et chaque remaniement aboutissait toujours aux mêmes déceptions. Brienne avait pourtant des motifs spéciaux pour tenter quelque chose de mieux que ses devanciers. Il s'y était, en quelque sorte, engagé par ce fameux mémoire dont il s'était servi pour accabler Calonne. Mais les précautions rigoureuses que recommandait naguère le chef d'opposition ne pouvaient plus convenir au chef du ministère; et les Notables, qui l'avaient entendu, n'étaient plus là pour relever une contradiction flagrante entre ses paroles et ses actes. D'après le règlement du 5 juin, les deux conseils des finances et du commerce, jusqu'alors distincts, étaient fondus en un conseil unique, appelé Conseil royal des finances et du commerce. Aucun élément nouveau n'y était intro-