‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 17 sur 350 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

sociale, et notamment de la partie qui régissait à la fois les personnes et les choses, sous le titre inexact de régime féodal, A la fin du xviif siècle, le régime féodal proprement dit, celui que le moyen âge avait vu s'établir et jeter un certain éclat, avait depuis longtemps disparu. Il n'en restait plus que des débris informes et méconnaissables, ayant perdu le caractère d'institution utile et ne se conservant qu'à l'état d'abus suranné. A vrai dire^ il constituait un régime particulier, qu'il vaudrait mieux désigner sous un titre distinct, celui de régime seigneurial. Dans ce dernier, le seul qui ait survécu à la ruine de la féodalité proprement dite, on rencontre tant de variétés, tant de nuances, tant de contrastes et de bizarreries, qu'il serait impossible d'en tracer le tableau complet, sans se condamner à des longueurs interminables. On a beau restreindre l'examen aux limites d'une région, d'un petit coin de la France; la difficulté, pour être moindre, reste toujours embarrassante, je serais même tenté de dire, insoluble. En vain, on s'obstine à approfondir ce singulier état de choses : il se dérobe, il échappe aux investigations les plus minutieuses. Parfois, on croit avoir trouvé des jalons, pour se diriger dans ce dédale, des principes généraux, auxquels il soit toujours possible de s'en référer en cas de doute. Tout à coup, on rencontre quelque pièce inattendue, qui met en échec ces prétendus principes, qui contredit les théories que l'on croyait le mieux acquises à la science, de sorte qu'on finit par renoncer à introduire dans ces ténèbres une véritable clarté. Il faut se contenter de la moindre lueur.

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