Sallier, Annales françaises, p. 90 et 9i
2. Remontrances du Parlement de Paris, arrêtées le ^4 juillet, Biblioth. nat., LB39, n» 378.
3. Eodem, n" 379. Du vendredi ^7 juillet et du dimanche ^9, réponse du roi aux remontrances du parlement arrêtées le ^4 (et aux supplications du 16).
pôt du timbre, mais il en maintint le principe et la nécessité. Il répéta ce que tout le monde savait : que les demandes du Trésor n'excédaient pas ses besoins réels; et, pour que la situation pût être jugée dans son ensemble, il annonça la communication immédiMe de Tédit sur la subvention territoriale. Cette double réponse prouvait, de la part du gouvernement, l'intention formelle de ne pas fléchir. De son côté, le parlement, de plus en plus décidé à soutenir la lutte, songea à se donner des auxiliaires, en convoquant les princes et les pairs pour la séance du 30. C'est devant cette réunion solennelle que le dernier édit fut apporté. « On eut peine à en achever la lecture, tant les esprits étaient enflammés par cette espèce de défi K » L'abbé Sabathier ouvrit la discussion par un discours incendiaire. « Son avis n'allait à rien moins qu'à requérir du roi la convocation immédiate des États généraux. Aussi violent et plus rhéteur que Sabathier , le conseiller d'Eprémesnil , qui avait toujours placé sa gloire à braver l'autorité royale, appuya de tous ses moyens un avis aussi menaçant pour elle. Les Duport, les Freteau, les Robert, toute la fraction américaine du parlement de Paris, donnèrent tête baissée dans l'insurrection. En vain les plus sages magistrats, les d'Ormesson, les Sarron, les Séguier, les d'Outremont, s'efforcèrent de résister au torrent; leur opposition fut renversée comme une faible digue. » On dit que, dans un instant de désespoir, le président d'Ormesson, s'adressant à d'Eprémesnil, lui jeta ces paroles prophétiques : La Providence punira vos funestes conseils en exauçant vos vœux'^. Rien ne modéra l'ardeur de la majorité triomphante, et la délibération se termina par un arrêté qui résume et couronne tous les autres. « La cour, dans la situation difficile où se trouvent