‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 183 sur 350 · Archives Parlementaires, t. I, p · texte numérisé non relu

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manifester hautement ses sympathies en faveur de Topposition et son hostilité à rencontre du gouvernement. Dans ce concert de voix qui semblent presque factieuses, aucune ne s'éleva pour rappeler le respect dû aux ordres de l'autorité souveraine.

Sous un régime où la magistrature donne le signal de Finsubordination, il n'est pas surprenant que le peuple se laisse aller aux entraînements de l'émeute; et quand personne ne prend souci d'arrêter ses progrès, on doit s'attendre à ce qu'elle aille sans cesse en dégénérant. Les troubles avaient commencé le 14 par des séances tumultueuses dans les salles abandonnées du Palais de justice. Le 17, des rassemblements de nature plus sérieuse, après avoir accueilli le frère du roi par des sifflets, avaient fait mine de lui fermer l'accès de la chambre des aide&. Le lendemain 18, au même lieu, d'autres rassemblements s'étaient permis d'attenter à la liberté et à la sécurité d'une cour souveraine *. Enhardie par ce début, que ne gênait aucune mesure de rigueur, ni même aucune menace, la multitude se répandit en divers lieux, poursuivit un page du comte d'Artois, avec force propos injurieux pour son maître, insulta les femmes, et risqua quelques attaques contre le guet ^ En présence de cette aggravation, le gouvernement comprit qu'il ne pouvait persévérer plus longtemps dans son étrange inertie. Breteuil ferma les

1. « Lors de la délibération de la cour des aides, un président de cette compagnie, interrogé à la sortie sur le résultat de la séance, et ayant refusé de répondre, en s'excusant sur son serment, n'évita d'être maltraité que par le secours de la force militaire. » Sallier, Annales françaises, p. 98.

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