‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 210 sur 350 · Sallier, Annales françaises, p · texte numérisé non relu

Sallier, Annales françaises, p

42 novembre ^ On savait qu'un grand nombre de conseillers étaient encore absents. Que fit le ministère? La séance royale, indiquée pour le 19 au matin,, ne fut convoquée que le 18 au soir ^ Bien entendu, les amis du pouvoir avaient reçu d'avance des avertissements secrets. Aucun d'eux ne manqua à l'appel, tandis qu'un certain nombre d'adversaires fut dans l'impossibilité de s'y rendre. Vit-on jamais un gouvernement qui a le sentiment de sa force et le souci de sa dignité descendre à des subterfuges si regrettables ?

Ce même jour, 18 novembre, eut lieu à Versailles un dernier conseil auquel assistaient tous les ministres, y compris Malesherbes et le duc de Nivernais. C'est là que fut décidée la convocation pour le lendemain. C'est là aussi que Lamoignon exposa à ses collègues sous quelle forme il entendait recueillir l'avis du parlement. Selon lui, toute séance royale excluait nécessairement l'idée d'une délibération proprement dite : dans ce cas, le roi venait au Palais consulter ses officiers de justice; il écoutait leurs observations, mais il ne comptait pas leurs voix, parce qu'il n'avait pas besoin de constater l'existence d'une majorité dont il n'était pas tenu de suivre les décisions. Aucun des assistants ne protesta contre cette théorie. Ils se contentèrent tous de l'assurance donnée par le garde des sceaux que « telle était la forme ordinaire et que le parlement n'y ferait pas de difficulté ^ » .

Par quelle fatalité personne ne songea-t-il à faire observer que le cas était exceptionnel ; qu'il ne s'agissait

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