‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 214 sur 350 · DISCOURS D OUVERTURE · texte numérisé non relu

DISCOURS D OUVERTURE

fait encore plus grave, qui s'était passé dans la soirée du 18. Une réunion secrète avait eu lieu chez le duc d'Orléans \ Y connaissait-on déjà le résultat du dernier conseil, tenu à Versailles quelques heures auparavant? Soupçonnait-on seulement que Lamoignon, emporté par l'aigreur de son caractère, refuserait de compter les voix et ordonnerait l'enregistrement comme dans un lit de justice? Toujours est-il qu'on y discuta la conduite à suivre dans ce dernier cas. Plusieurs membres du parlement assistaient au conciliabule, entre autres l'abbé Sabathier de Cabre. Ils se joignirent aux fanniliers du prince, pour le déterminer à se faire l'organe de leurs protestations contre la mesure qu'ils prévoyaient. La plupart des assistants lui demandaientdavantage : ils le pressaient de jouer un rôle politique, auquel son rang et son immense fortune semblaient le convier. Jamais, suivant eux, il ne trouverait une occasion plus favorable de se poser en chef de parti. Le duc d'Orléans n'avait pas une ambition si haute; néanmoins, par faiblesse et par vanité, il se chargea de la protestation que sollicitaient ses amis. Voilà sous quels auspices inquiétants s'annonçait l'assemblée du 19 novembre.

Aux fautes déjà commises vint bientôt s'ajouter une série de nouvelles fautes. Le roi ouvrit la séance par un discours qui n'était pas de nature à ramener la paix et la concorde. Lui, d'habitude si indulgent, si paterne, il ne trouve ici que des paroles sévères, des reproches quant au passé, des menaces quant à l'avenir. « Je veux, dit-il S tenir cette séance pour rappeler à mon parlement

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