‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 219 sur 350 · FIN DE LA SÉANCE · texte numérisé non relu

FIN DE LA SÉANCE

le roi à prendre un engagement plus positif sur la question des. États généraux. Il refusait aux magistrats, dont il venait de provoquer les conseils, la satisfaction bien naturelle de s'associer par un libre vote aux projets de son gouvernement. « Commencée avec les formes de la liberté, » la séance « se terminait par celle des lits de justice * ».

Néanmoins, tout n'était pas encore fini. En dépit du respect dû à la présence du souverain, « une légère rumeur parcourait les rangs, pendant que le greffier en chef écrivait sur le repli de l'édit la mention de l'enregistrement, lorsque le duc d'Orléans, placé très près du roi, éleva la voix pour protester contre la séance, qu'il qualifia d'illégale, et demanda qu'il fût dit que l'enregistrement était fait du très exprès commandement de Sa Majesté. Le roi surpris répondit avec embarras ces propres paroles : — Cela m'est égal. . . Vous en êtes bien le maître.., si... c'est légal, parce que je le ceux. » — Un morne silence accueillit cette déclaration, qui, sous une forme incorrecte, contenait un argument péremptoire. Du moment où Louis XVI considérait sa volonté comme la seule loi de la France, il n'y avait plus qu'à s'incliner ou à se révolter. Tous les assistants s'inclinèrent. On lut ensuite le second édit, concernant les non-catholiques, mais l'heure avancée ne permettait pas d'en aborder l'examen. Après avoir pris les ordres du roi, le garde des sceaux remit au lendemain, en assemblée ordinaire, cette partie accessoire du débat. « Il était cinq heures du soir, et l'assemblée durait sans interruption depuis huit heures du matin '. »

Ici se place une anecdote qui n'est pas sans valeur historique. Nous l'empruntons aussi à Sallier, témoin véridique de cette séance mémorable. « Au moment où le

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