FIN DE LA SÉANCE
de la gravité des circonstances. Plusieurs magistrats vinrent à son aide, parmi lesquels l'abbé Sabathier de Cabre, qui, de sa place et sans plus de scrupules, finit par dicter au greffier la formule suivante : « Sire, je vous supplie de permettre que je dépose à vos pieds et dans le sein de la cour la déclaration que je regarde cet enregistrement comme illégal, et qu'il serait nécessaire, pour la décharge de ceux qui sont censés y avoir délibéré, d'y ajouter que c'est par l'exprès commandement de Sa Majesté. »
On délibéra ensuite sur la manière dont la séance royale venait de se terminer. Sur ce point, les avis furent unanimes. Ceux-là mêmes qui s'étaient prononcés hautement en faveur des projets ministériels regrettaient qu'on ne leur eût pas fait l'honneur de recueillir leur vote et de le compter. A tous, la dignité du parlement paraissait engagée; l'esprit de corps écarta les objections de la prudence. Après un débat très court, on prit un arrêté ainsi conçu: « La cour, considérant l'illégalité de ce qui vient de se passer à la séance du roi, où les voix n'ont pas été réduites en la manière prescrite par les ordonnances, de sorte que la délibération n'a pas été complète, déclare qu'elle n'entend prendre aucune part à la transcription, ordonnée être faite sur ses régi très, de Fédit portant établissement d'emprunts graduels et successifs pour les années 1788, 1789, 1790, 1791 et 1792; sur le surplus a continué la délibération au premier jour. »
En vain fait-on observer ^ que l'arrêté du 19 au soir était destiné à rester secret; qu'à la suite des lits de justice des protestations analogues avaient toujours lieu; que jamais aucun roi, aucun ministère n'avait imaginé d'en faire un crime, « ni même un reproche »