Arch. nat, H
municipalités, ont engagé les habitants les plus considérables à accepter la place de syndic. Ils sont en général {sic) très bien composés dans notre province; nous en connaissons qui, par leur éducation, leurs lumières et leur fortune, seraient très propres aux premières places de notre administration. Plusieurs même sont gentilshommes et chevaliers de Saint-Louis. Vous apprendrez sûrement avec plaisir, monsieur, que cette émulation, si digne de bons citoyens, a déjà produit de si heureux effets... Cependant une lettre de M. l'intendant à ses subdélégués les informe que les syndics des municipalités doivent remplacer les syndics des communautés et en exercer toutes les fonctions, d'où il résulte nécessairement qu'ils doivent conduire les garçons des villages au tirage de la milice, et que même ils répondront par corps de l'exactitude de l'arrivée, et qu'ils auront d'autres obligations sur lesquelles ils n'ont jamais compté, n'y étant assujettis ni par le règlement du 8 juillet, ni même par celui du 5 août. Cette destination, à laquelle il est impossible d'espérer que la plupart de nos syndics de municipahtés veuillent se prêter, va les forcer à donner leur démission; et ce serait une perte irréparable d'après leur composition. Nous en sommes avertis et nous avons l'honneur de vous en prévenir. » Suivent les signatures des membres de la commission intermédiaire, en tête desquels figurent le duc du Chàtelet, le comte de Béthisy; le comte de Crillon, le vicomte de Noailles, etc. ^ A de si grands personnages, le contrôleur général ne se croyait pas permis de faire attendre sa réponse; elle porte la date du 15 février. Il savait aussi que les questions de vanité, si puériles qu'elles
1. Le 14 mars 1788, mômes plaintes de la commission intermédiaire de la Basse-Normandie et du Perche, séant à Lisieux. « Plusieurs gentilshommes, qui s'étaient chargés du syndicat de leur communauté, regardent ces fonctions comme incompatibles avec leur état. » Arch. nui., H. 4586.
fussent, exigeaient alors le plus de précautions et de ménagements. Pour éviter un éclat regrettable, il répondit en termes qu'un diplomate n'aurait pas désavoués. « M. l'intendant de Paris, dit-il S m'ayant demandé, par sa lettre du 6 novembre, s'il devait être procédé, comme par le passé, à la nomination d'un syndic annuel dans chaque paroisse, je lui ai rappelé, par ma réponse du 13, les dispositions du règlement du 5 août..., en lui observant que les communautés d'habitants n'avaient plus d'autres représentants que les assemblées municipales, dont le syndic était le principal agent; qu'aussi ce serait désormais aux nouveaux syndics, qu'il serait dans le cas d'adresser ses ordres, pour les parties de service qui concernaient son administration. — J'ignore comment M. l'intendant a notifié cette décision aux syndics des municipalités, et si la mesure, dont il leur a été donné connaissance par les subdélégués, a dû affecter ceux des propriétaires de ces communautés, qui, nés dans une classe aisée, pourvus de charges honorables, et même gentilshommes, ont consenti, par zèle et par dévouement au bien public, à se charger du syndicat. J'aurais peine à croire que M. l'intendant n'eût point fait observer à ses subdélégués, que la plupart des syndics des municipalités n'étaient pas de la même classe que ceux qui précédemment exerçaient, sous la même dénomination, une partie des mêmes fonctions. — Dans le précédent état de choses, M. l'intendant ne suivait pas les mêmes formes vis-à-vis des officiers municipaux des villes et des anciens syndics de village, en leur transmettant sur les mêmes objets, des ordres qui n'en étaient pas moins exécutés par les uns et par les autres avec la même soumission. Et de même, des nuances différentes pour-