‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 309 sur 350 · Mémoires, t. III, p · texte numérisé non relu

Mémoires, t. III, p

le soin de disperser les rassemblements et lui interdit de se servir de ses armes. Gomme il arrive toujours en pareil cas, les tapageurs profitèrent de l'embarras du guet pour prendre l'offensive. Ils l'attaquèrent, le mirent sans peine en déroute, le poursuivirent jusque dans les corps de garde qu'il occupait, l'en chassèrent, et, dès qu'il les eut évacués, s'empressèrent de les démolir. A cette nouvelle, Brienne eut lin moment d'impatience. Dans une réunion des ministres, il reprocha vivement au baron de Breteuil, ministre de Paris, d'avoir exagéré la consigne. « Le lendemain S le baron alla chez lui pour lui demander raison de la scène qu'il lui avait faite. L'archevêque voulut replâtrer; mais, le baron ayant dit qu'apparemment il voulait sa place, l'archevêque redevint furieux et répondit que, s'il l'avait voulue, il y avait longtemps qu'il l'aurait eue. — J'entends ce que cela signifie, reprit le baron, qui donna tout de suite sa démission au roi. Le roi l'accepta. » Cependant Breteuil ne s'était pas trompé sur la gravité du mouvement parisien. Il suffit d'un simple déploiement de troupes pour mettre fin à un simulacre d'émeute et rétablir dans les rues de la capitale une tranquillité absolue. Ce n'était pas sur ce théâtre que la Révolution devait engager ses premiers combats.

l. Mémoires de Bésenval, t. III, p. 357.

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