Hist. de la Rév. fr., t. I, p
nements, ne tiennent guère de compte des leçons de Texpérience, et, si nous recueillons à notre tour le détail des faits rappelés par Bertrand de Molleville, c'est surtout au point de vue de la vérité historique, afin de suivre la marche et d'expliquer le développement de la maladie qui allait bientôt emporter l'ancien régime.
Au milieu de désordres si graves qu'il avait excités sous main, le parlement de Bretagne s'efforçait, par prudence, de conserver une attitude irréprochable. On lui avait notifié de cesser toute assemblée de chambres et même toute audience. Pendant quelques jours, il affecta d'obéir. A la vérité, l'obéissance ne lui coûtait guère. D'autres se chargeaient d'agir à sa place, dans l'intérêt de la cause, d'abord le procureur général syndic et la commission intermédiaire des états. Dès le début de la crise, cette commission avait envoyé à Versailles des députés qu'elle avait chargés de défendre les droits particuliers de la province. Elle reçut d'eux une lettre, en date du 12 mai, dans laquelle ils lui faisaient connaître le premier résultat de leurs démarches *. S'ils n'étaient pas encore parvenus à obtenir une audience du roi, ils avaient été déjà reçus par le principal ministre et par le garde des sceaux, qui leur avaient donné l'espoir de larges concessions. Brienne, entre autres, leur avait répondu que « si, dans les édits qui ont été enregistrés d'autorité au parlement, il y a des objets qui soient contraires aux droits, franchises et libertés de la province, Sa Majesté recevra les représentations des états et aura égard à celles qui lui paraîtront fondées; qu'elle recevra même, avant l'assemblée prochaine, celles qu'on lui présentera. » C'était autoriser la commission intermédiaire à poursuivre le cours de ses protestations, ce dont elle usa largement. Bien qu'elle n'eût à se préva-