‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 330 sur 350 · Archives parL, t. I, p · texte numérisé non relu

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LA SÉANCE d'enregistrement 549

loir d'aucune autorisation semblable, la noblesse continuait aussi de tenir des assemblées illicites et de prendre des résolutions factieuses. En vain, le comte de Thiard écrivit au doyen, M. de Ghampsavoy, que, en promettant d'écouter avec bienveillance les observations de la commission intermédiaire, le roi avait défendu « sous peine de désobéissance toute assemblée et tout autre acte qui pouvaient être contraires à sa volonté * ». Le 20 mai, M. de Ghampsavoy répondit, au nom des gentilshommes bretons qu'il présidait, qu'ils n'avaient rien à.désavouer ni à modifier dans leur conduite. « Les actes de violence, porte sa lettre, qu'on s'est permis d'exercer contre la magistrature, ces actes destructifs des lois, ces actes seuls sont illégaux , et non pas ceux que commandent le bien public et l'amour de la patrie ^ » Décidément , la noblesse bretonne , représentée par une réunion de gentilshommes sans mandat régulier, se considérait comme un pouvoir public, supérieur à la royauté représentée par ses ministres.

Il y avait à Rennes deux foyers de désordre encore plus dangereux. Sous le nom de chambres de lecture % le gouvernement avait laissé naître et se développer deux véritables clubs. L'un n'était fréquenté que par la noblesse; l'autre se composait principalement de magistrats du présidial, d'avocats, de procureurs, de bourgeois et, par exception, de quelques nobles. Depuis les derniers événements, leurs membres se réunissaient matin et soir. Ils passaient leur temps à causer politique, à discuter les questions du jour, à chercher les moyens d'entretenir et de propager la révolte, ainsi que ceux d'intimider ou de corrompre les soldats. Bertrand

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