XLII INTRODUCTION
Révolution, par le seul progrès des idées, par la seule force des choses, légalement et pacifiquement, nos pères auraient pu fonder la France nouvelle, sans amonceler autour de son berceau les débris de l'ancienne France. Plus j'ai pénétré profondément dans les détails de la réalité, et plus la conviction contraire s'est imposée à mon esprit. Maintenant, j'en suis arrivé à crier aux conservateurs de mon temps : Pour Dieu! ne contestez ni la nécessité, ni la légitimité de la Révolution, qui nous a faits ce que nous sommes, et sans laquelle nous n'aurions jamais atteint, ni même entrevu le port. N'excitez pas contre vous, contre nous tous, de redoutables défiances, en préconisant, sur les origines de la France moderne, un système que rien ne justifie. Surtout, ne semblez pas suspects de sympathies pour un régime que poursuit, dans le souvenir des masses populaires, une réprobation méritée. Ce n'est pas du côté du passé que doivent se tourner nos regards. Il importe que chacun d'entre nous répète, et répète franchement le mot de Mirabeau : Je suis conservateur de l'ordre de choses étabU par la Révolution française, je ne suis pas conservateur de Tordre ancien, qu'elle a justement détruit.
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