Mémoires de Weber, p
trième députation, encore plus nombreuse, encore plus imposante que les précédentes. Chacun des évêchés de la province était appelé à fournir six membres. « La Bretagne avait alors neuf sièges épiscopaux : c'était cinquante-quatre députés qui menaçaient Versailles K » La mesure était comble et le moment venu de mettre un terme à une opiniâtreté vraiment intolérable. Le ministère s'empressa de faire savoir aux dix-huit députés réunis à Saint-Denis, que le 30 juillet le roi consentirait à les recevoir et leur communiquerait ses résolutions déjûnitives. Au jour indiqué, ils se présentèrent devant Louis XVL L'évêque de Dol, qui marchait à leur tête, porta la parole en leur nom et remit un mémoire dressé par la commission intermédiaire. Mais l'audience ne fut pas longue. Visiblement irrité, le roi les congédia aussitôt en leur disant ^ : « Quelque insolite que soit votre députation, j'ai bien voulu la recevoir, afm que vous sachiez que j'ai reçu vos représentations; attendez à Versailles que je vous fasse connaître ma réponse. » Ils ne furent guère mieux accueillis par le comte de Provence et le comte d'Artois, dont ils allèrent ensuite invoquer la protection. Le comte de Provence leur déclara nettement que la sienne ne serait jamais que le prix de Fobéissance aux ordres de son frère. Quant au comte d'Artois, sans dissimuler son désir de plaire à la noblesse bretonne, il exprima le regret « de n'avoir à solliciter... que la clémence du roi pour des sujets, sûrement fidèles, mais que leur zèle a fait sortir des bornes du devoir. » Dès le lendemain 31, nouvelle audience, dans laquelle le roi fit connaître aux députés sa réponse officielle. Il y justifiait et il y maintenait toutes les mesures prises par ses ministres. La seule concession qu'il fit aux Bretons, c'était l'annonce