Eodeîn, p
il cherchera de quelle autre source peut lui venir le salut.
Il sait d'ailleurs que la royauté n'est pas seule coupable des souffrances qu'il endure. A côté d'elle, il voit la cour et l'élite des privilégiés se partager les profits de la réaction : il leur en attribue la faute. Un d'eux a dit *,en parlant des améliorations projetées par Necker : « Puisque le sort ne voulait pas qu'on suivît avec fermeté ce sage plan, proposé par le ministre et adopté par le roi, il aurait peut-être été à désirer qu'on n'en eût pas conçu et émis l'idée : car plus un tel dessein, qui ne pouvait rester ignoré, était grand, juste, utile, populaire, plus l'opinion publique s'irrita contre les intérêts privés qui en empêchèrent le succès, et ce fut peut-être là un des principaux germes des discordes fatales, qui s'élevèrent depuis entre les classes plébéiennes et les premiers ordres de l'État. »
Ainsi, dès qu'on examine avec soin la courte période, qui s'étend de la disgrâce de Necker à la convocation des Notables, on y voit poindre, dans le cœur du tiers état, le germe de deux sentiments, qui ne feront désormais que croître et se propager : sentiment de haine contre les privilégiés, qui abusent de leur victoire; sentiment de désaffection et de méfiance vis-à-vis de la royauté, qui autorise les abus de la réaction. Est-il donc vrai qu'en ces quelques années, la souffrance ait été si forte? Sommes-nous bien sûr de ne pas exagérer la cause afin de mieux justifier le résultat? Ceci mérite une étude attentive.
Personne ne reproche aux Mémoires de Mme Campan d'être l'œuvre d'un esprit révolutionnaire. Son