‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 86 sur 350 · MARCHE A SUIVRE · texte numérisé non relu

MARCHE A SUIVRE

des palliatifs et à des expédients, qui, en retardant la crise, ne pourraient que la rendre plus funeste; impossible de faire aucun bien, de suivre aucun plan d'économie, de procurer au peuple aucun des soulagements, que la bonté du roi lui destine, aussi longtemps que ce désordre subsistera. »

Mais, il y avait, pour en finir avec le désordre permanent des finances, un motif que Galonné n'osait pas invoquer publiquement. La France avait failli se voir entraînée, par les affaires de Hollande, dans un conflit sérieux qui pouvait dégénérer en guerre européenne. Si cette guerre eût éclaté, comment la France serait-elle parvenue à la soutenir avec des finances en si mauvais arroi? Je ne serais pas surpris qu'à ce moment Galonné ait communiqué ses craintes au comte de Vergennes et qu'il ait influé sur la conclusion d'une paix, dont l'amourpropre national fut vivement froissé. Je ne serais pas surpris non plus que le comte de Vergennes, éclairé par cet incident, se soit dès lors montré favorable aux projets de Galonné. Un nouveau conflit pouvait surgir. Il importait que la France recouvrât la liberté d'y jouer un rôle digne d'elle. G'est donc à juste titre que Galonné résolut d'entreprendre « cette liquidation effective et prompte », depuis longtemps recommandée par Terray.

La marche à suivre était clairement indiquée. Avant tout, « il fallait liquider tout l'arriéré et acquitter tout l'exigible, pour démêler le courant d'avec l'antérieur, l'annuel d'avec le passé ^ » En d'autres termes, il fallait

Page 1