‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 88 sur 350 · MARCHE A SUIVRE · texte numérisé non relu

MARCHE A SUIVRE

tout une émission aussi considérable. II semblait encore moins disposé à permettre l'établissement de nouveaux impôts, en sorte que Galonné désespérait d'acquérir, par les voies légales, par les voies ordinaires, la double ressource, dont il ne pouvait se passer.

Eût-il été ministre d'un roi omnipotent, qu'il aurait hésité à lever de nouveaux impôts d'après le système jusqu'alors en vigueur. C'est ici le nœud de la question. Nous touchons aux véritables causes du déficit et de l'étrange embarras, dans lequel sa persistance inévitable plongea la royauté. A vrai dire, le déficit ne provenait pas tant de ce que l'État dépensait trop, que de. ce qu'il ne recevait pas assez, et cette insuffisance des ressources n'était si inquiétante, que parce que les administrateurs des finances ne savaient comment et à qui réclamer davantage.

Après avoir énuméré les charges excessives que l'ancien régime imposait à la P'rance, Bailly ajoute * : « Dans cette masse de tributs... à peine 510 millions de livres étaient levés au nom du roi. Lorsque sur ce revenu brut on avait prélevé 76 millions pour frais de régie, 224 millions pour rentes, gages, intérêts de cautionnement et autres créances privilégiées, qui toutes n'étaient pas le résultat d^un capital fourni au roi ; après encore que le garde du trésor avait payé 27 millions pour la partie des pensions qui était ordonnancée sur sa caisse, il ne restait pas deux cents millions à l'État. » Incontestablement, cette somme infime était de beaucoup inférieure aux besoins légitimes d'un grand royaume comme la France.

Et comment l'augmenter? D'après les traditions, d'après l'usage, l'impôt ne pèse que sur les classes pauvres, sur celles qu'écrase déjà la masse de tributs dont

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