Voir Bequéte au roi^ p
2. Collection de la Biôl, nat. Le *S n* 7. Sixième portefeuille, pièce D* 15 (manuscrite). Elle est intitulée : Copie de la réponse du Roi aux demandes de l'assemblée des Notables, Certifiée conforme à l'original par Monsieur (signature autographe), celte copie ne porte pas de date;
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tous les points, elle donnait aux notables les satisfactions qu'ils réclamaient. Quant au comité des finance», elle était moins explicite et se bornait à des promesses un peu vagues. « Les bureaux, disait le roi, m'ont proposé des vues sur le conseil des finances, sur sa composition et sur ses fonctions. Je les examinerai. Mais l'organisation d'un tel conseil ne peut être déterminée sans mûres réflexions. Je ne négligerai rien pour lui donner la forme la plus analogue à la constitution du royaume et en même temps la plus propre à inspirer la confiance. * Après tant de concessions, Brienne était en droit d'attendre que les bureaux finiraient par aborder l'objet principal de leur mission, et statueraient catégoriquement sur les moyens de combler le déficit. Il n'en fut rien. Les bureaux persistèrent à se répandre en vaines réclamations, en projets de toute nature, en exigences de toutes sortes *. Un seul eut la franchise de reconnaître la nécessité d'un supplément d'impôts, sans approuver ceux que le gouvernement proposait d'établir. Tous les autres s'abstinrent d'un avis, dont ils appréhendaient les conséquences. Il leur semblait plus prudent et plus facile de s'étendre à perte de vue sur les inconvénients des impôts en général et, en particulier, sur l'excès do ceux qui grevaient déjà la France. « L'idée de substituer un plan quelconque à celui que le gouvernement proposait, ne s'est présentée aux Notables que dans Tafi'aire de la gabelle. Sur tous les autres projets, ils n'ont fait qu'élever des difficultés '. »
je rempninle à V Histoire du gouvernement franrat^, de l'abbé Papon, toujours 81 exacte.
i. • Le dernier jour de notre session, j'ai eu !e bonheur de faire dans mon bureau deux motions presque unanimement accueillies : l'une en faveur des citoyens français protestants, l'autre pour une révision des lois, particulièrement des lois criminelles... >• Lettre de Lafayette à John Jay (3 mai 1787). Mémoires^ t. II, p. i79.
2. Histoire du gouvernement français^ p. 70. Comparez ce que dit l'abbé Papon, eodem, p. 106. » Ils ne prirent aucune détermination sur
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Cette remarque, malheureusement trop fondée, donne une idée exacte de l'attitude que les Notables ont conservée jusqu'au bout.
Elle s'explique par différentes causes. D'abord, les Notables étaient retenus par leurs déclarations généreuses. Ils n'osaient plus nier qu'un supplément d'impôts, s'il avait^ lieu, ne dût frapper exclusivement les claisses privilégiées, c'est-à-dire eux-mêmes. Pourtant ils reculaient toujours devant un sacrifice qui coûtait encore moins à leur bourse qu'à leurs préjugés de caste. Comment concilier leur générosité apparente et leur égoïsme profond? Ils n'avaient qu'un moyen : combattre la nécessité d'un impôt quelconque ; en s'inclinant devant les principes d'équité, proclamés par Calonne, éluder leur application. C'est ce qu'ils firent. Quelques-uns se figuraient peut-être que la cour, acculée dans ses derniers retranchements, parviendrait à se tirer d'affaire par de . simples améliorations et de larges réformes. D'autres, plus clairvoyants, ne doutaient pas qu'il fallût imposer tôt ou tard ; mais ceux-là mêmes trouvaient, dans la tactique suivie, l'avantage de ne pas s'engager d'avance et ^^y^' ^\ ne pas encourir les reproches des ordres qu'ils repré-l i >.a "^
sentaient. \>^ J
D'un autre côté, les Notables, sans s'avouer leur propre impuissance, en avaient le sentiment confus. Les grandes questions financières, comme celles qu'ils étaient tout à coup appelés à résoudre, sont des questions difficiles, ardues, exigeant des notions spéciales. Sous l'ancien régime, grâce au désordre invétéré dans l'administration, et à l'obscurité soigneusement entretenue dans les
les moyens que le gouvernement leur proposait pour remettre les finances dans une situation plus avantageuse... Ils se séparèrent sans avoir fait autre chose que de jeter l'inquiétude et la méfiance dans les esprits, d'embarrasser l'autorité, et de mettre en réserve pour les parlements, an tas de difficultés, dont ils pourraient se servir, quand ils voudraient Tembarrasser davantage. »
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222 LA CHUTE DE L'aNXIEN RÉGIME
comptes, elles présentaient un caractère de complication exceptionnelle. Des évoques, des gentilshommes, ou même des magistrats n'étaient préparés ni par Tétude, ni par Texpérience, à remplir une mission si délicate. Les seuls membres de l'Assemblée, capables de la guider dans ce dédale, lui étaient suspects. C'étaient les intendants et les membres des conseils, instrumentsdocilesde la volonté des ministres. Aussi qu'est-il arrivé ? Abandonnés à leurs seules forces, les Notables n'ont jamais pu se rendre un compte exact de la situation des choses. Sur le point essentiel, Texistence et le chiffre du déficit, ils se sont égarés dans des divergences et dans des exagérations, qui témoignent de leur incertitude absolue. Les uns réduisent le déficit à 100 millions ; d'autres le portent à 200 : en général, leurs calculs varient de 130 à 150. On finit par s'arrêter, comme simple moyenne, au chiffre de 140 millions, qui est de beaucoup supérieur à la vérité. En vain, les bureaux ont-ils réclamé, en vain leur a-t-on remis les États de recettes et dépenses. Cette production de pièces, étrangères à leurs habitudes, ne fit qu'augmenter leur embarras. A plus forte raison, ils se sentaient incapables de prendre l'initiative de plans dignes d'être opposés à ceux de Calonne. De guerre lasse, quand ils virent approcher le terme de leur session, ils se hâtèrent de s'en rapporter à la sagesse du roi, pour décider quelle contribution offrirait le moins d'inconvénients, si toutefois les besoins du trésor forçaient de recourir à une contribution quelconque *. De deux choses l'une, ou cette conclusion in extremù n'était qu'un aveu d'impuissance, ou elle dissimulait une déplorable échappatoire.