Droz, Hist. du règne Louis XF/, t. U, p
l'arrêté du 13 AOUT iia
que Marie-Antoinette ne se rendit pas à Paris au milieu de reflfervescence publique, déchaînée contre elle.
Cette effervescence gagnait tous les esprits et saisissait, dans les moindres circonstances, une occasion d'éclater» Le gouvernement n'avait pas encore publié, suivant l'usage ordinaire, le procès-verbal du lit de justice, et le texte des deux édits enregistrés dans la séance du 6, redit du timbre et l'édit sur la subvention territoriale. Il prit la précaution de les remettre aux crieurs publics, en même temps que le règlement du 9 relatif aux économies de la maison royale, afin qu'ils puissent être colportés et criés tous ensemble dans les rues de Paris, durant la journée du 41 *. Croirait-on qu'à ce propos les crieurs eux-mêmes, les crieurs royaux, trouvèrent moyen d'organisé une espèce de manifestation ? « Ces hommes grossiers imaginèrent de joindre aussi leur suffrage à l'opinion publique. Ils s'abstenaient, comme par pudeur, de prononcer le titre des édits, et, comprimant, en signe de deuil et de tristesse,, les éclate accoutumés de leur voix bruyante et rauque, il» ae contentaient de provoquer la curiosité publique par une clameur vague et insignifiante *. » Cette dénv>M^ tration singulière eut des suites plus singulières encore, et qui méritent de prendre place dans la longue série de • nos aberrations politiques. « Le pariement, » dit Salliér honteux d'évoquer de tels souvenirs, « s'oublia jusqu'à s'emparer de cet hommage populaire. Il s'en fit gloire dans le préambule de son arrêté : puis en déclarant cette distribution nulle et illégale, il se plut à la qualifier de clandestine. » N'est-ce pas là véritablement un comble?
L'arrêté, dont il s'agit ici, est celui qui fut rendu le