Lois ancienneSf L XXil, p. 435 et suiv
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liorations et les réformes qu'elle exige, « il ne suffit pas du zèle et du travail d'un seul homme, qu'il faut appeler autour du chef de ce département les idées et les secours de plusieurs militaires éclairés ; qu'il n'y a qu'un conseil ainsi composé et constitué d'une manière permanente, qui puisse créer un plan, faire de bons règlements, et surtout en maintenir Texécution, mettre de la suite dans les projets, de l'économie dans les dépenses, de l'ordre dans la comptabilité, empêcher la fluctuation continuelle des principes, opposer une digue aux prétentions et aux demandes de la faveur... » En conséquence, le roi établit « un conseil permanent d'administration du département de la guerre », en sorte que cette administration soit « à l'avenir partagée entre le secrétaire d'État de la guerre et le conseil de la guerre ». Sans entref ici dans les détails techniques que comporte une pareille mesure, il en est un pourtant que nous devons signaler. Le règlement attribue la présidence du conseil au ministre, « de quelque état et de quelque grade qu'il puisse être », parce qu'il représente l'autorité royale, qui prime toutes les autres. Un des articles suivants ajoute : « Sa Majesté regrette que les raisons supérieures qui la déterminent à aflecter à jamais la présidence du conseil à la charge de secrétaire d'État du département de la guerre l'empêchent, dans la circonstance actuelle, d'appeler dans le conseil de la guerre quelques-uns de MM. les maréchaux de France; mais elle ne compte pas pour cela se priver de leurs lumières, et elle se réserve d'y avoir recours quand elle le jugera nécessaire, et ainsi qu'il sera indiqué ci-après. » Malgré cette compensation insuffisante, les maréchaux de France n'en furent pas moins exclus d'un conseil où ils devaient entrer les premiers. Ses membres furent choisis parmi les officiers généraux, et, de préférence, parmi les plus jeunes et les plus actifs. On prétend que
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le fameux comte de Guibert avait déjà la haute main dans toutes ces dispositions *. Il n'en fallait pas davantage pour exciter la jalousie et compromettre le succès de l'entreprise. Avant même que le conseil eût commis aucune faute, il passait déjà pour une coterie de « faiseurs * », dont on ne pouvait « attendre autre chose que de tout culbuter sans rien mettre à sa place » ». Malheureusement, ils ne justifièrent que trop les critiques qui avaient salué leur arrivée. Entre leurs mains, une institution qui devait être pour la monarchie un gage de sécurité ne tarda pas à devenir une cause d'affaiblissement et de perte.
A la même époque, un autre incident agitait les esprits. Galonné venait de publier sa Requête au roi. Nous en avons cité d'assez nombreux passages pour donner une idée de cette œuvre remarquable. Mais Galonné était si impopulaire et si décrié, sa fuite en Angleterre prêtait à tant d'interprétations fâcheuses, que ses moyens de défense ne touchaient personne. On ne lisait, on ne commentait dans sa brochure que les attaques dirigées contre Brienne, contre ses intrigues pendant l'assemblée des Notables, contre ses faiblesses et ses fautes depuis qu'il était parvenu à la direction des finances. A ce moment, un voyageur anglais, Young, qui parcourt la France en observateur désintéressé, recueille avec soin les témoignages du sentiment public, et, le 17 octobre, il consigne, dans sonjournal de route*, la note suivante : « La Requête au roi de Galonné a paru ; tout le monde la lit et la discute. On semble généralement d'accord que,
i. « Ces changements étaient l'ouvrage de M. de Guibert» dont l*archevèque de Toulouse ayait adopté les projets ayant la nomination de son frère. » (Bésenval, Mémoires, t. III, p. 294.)
2. Cètait Texpression dont on se servait alors pour les désigner. On la retrouve partout.