Bésenval, eodem, p
4. Voyages en France pendant les années ^87, 1788^ 1789, par Arthur Young, Paris, Guillaumin, 1860, t. I, p. 114.
sans se décharger lui-même de raccusation d'agiotage, il a jeté sur les épaules de Mgr Tarchevêque de Toulouse, premier ministre actuel, un fardeau non petit, et que celui-ci doit se trouver dans un singulier embarras pour repousser cette attaque. Mais Tun et l'autre sont condamnés par tous et en bloc, comme absolument incapables de faire face aux difficultés d'une époque si critique. »
La triste conclusion des affaires de Hollande n'était pas de nature à relever le prestige de Brienne. Après s'être assurés que nous n'avions aucun rassemblement de troupes sur la frontière, les Prussiens en avaient profité pour envahir les Provinces- Unies et leur imposer la loi du plus fort. Ceux des habitants qui s'étaient le plus compromis dans la lutte furent obligés d'émigrer et de chercher un refuge dans cette France, qui ne savait plus les couvrir de sa protection. De son côté, l'Angleterre, enhardie par nos embarras, cherchait une occasion de se venger des désastres de la guerre d'Amérique. Elle ne se contenta pas de conclure avec les Provinces- Unies un traité, qui nous enlevait les principaux avantagea d'une alliance séculaire. Les armements ordonnés dans ses ports prenaient de jour en jour des proportions plus menaçantes. Entraîné par l'inquiétude générale, Brienne finit par s'émouvoir. Il ordonna à son tour d'armer une flotte, que Suffren fut chargé de commander. L'Espagne se tint prête à nous secourir. On parla d'une quadruple alliance, à laquelle prendraient part TAutriche et la Russie. Dans ces conditions, l'Angleterre, toujours prudente, n'osa pas pousser plus loin ses menaces, et bientôt on convint de part et d'autre qu'on procéderait à un désarmement, dont les bases furent réglées par des déclarations réciproques (27 octobre).
Cette fois, Brienne était sûr de la paix. Mais à quel
Digiti
LA PROPOSITION DE d'ÉPRÉMESNIL 327
prix Tavait-il obtenue? Il avait compromis la dignité et les intérêts de la France en Europe. Il avait profondément blessé le sentiment national, et il n'avait même pas tiré de sa politique extérieure les avantages pécuniaires qu'il en espérait. Car les derniers armements auxquels le contraignirent les menaces de l'Angleterre étaient plus coûteux que la réunion du camp à Taide duquel il aurait contenu l'ambition de la Prusse. En sorte que la situation financière souffrit autant de ses défaillances qu'elle eût souffert de sa juste énergie. Cependant « le temps s'écoulait. Le mois de novembre arrivé, tous les arrangements pour les services de 1787 touchaient à leur consommation, sans possibilité de pourvoir à ceux de 1788... Tous les gens à argent refusaient d'en donner, quelque proposition qu'on leur fit. Les payements de l'Hôtel de ville, boussole certaine de l'état du trésor royal, témoignaient de reste la position fâcheuse où il se trouvait, laquelle ne pouvait aller qu'en augmentant. La terreur était peinte sur tous les visages *. » Il n'y avait plus une minute à perdre pour éviter une catastrophe imminente *.
La première idée qui s'offrait aux esprits et qui frappait même les parlementaires, c'est qu'il était impossible d'assurer le service de l'année suivante, sans le secours d'un emprunt plus ou moins considérable. Toute