‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 203 sur 351 · LE PLAN DE BRIENNE · texte numérisé non relu

LE PLAN DE BRIENNE

de ses Annales politiques^ celui-ci disait alors en parlant de la banqueroute : « Cette secousse violente n'écraserait qu'un petit nombre des 24 millions d'âmes dont la France est peuplée et rendrait à ce beau royaume tout le jeu de ses immenses forces, le calme, l'aisance et le bonheur à ses provinces, et l'éclat dont il est susceptible. » Or Linguet passait pour être aux gages du ministère. L'arrêt qui le condamna en 1788 * le repré^ sente comme un t homme vénal » et laisse entendre qu'il recevait le mot d'ordre d'en haut, qu'il était payé pour préparer l'opinion. Déjà Mirabeau, frappé de ces divers symptômes, s'apprêtait à dénoncer publiquement les projets de banqueroute, comme étant sur le point de se réaliser *. Mais personne ne croyait le ministère assez fou pour assumer sur lui seul la responsabilité d'une mesure si odieuse, quand il avait un moyen bien simple d'en rejeter la plus grande partie. Il n'avait qu'à demander l'enregistrement d'un emprunt reconnu indispensable et, s'il ne l'obtenait pas, à suspendre les payements, en attribuant à ce refus la nécessité qu'il était contraint de subir. Voilà le véritable motif qui déterminait les radicaux du parlement de Paris, môme Adrien Duport, à seconder les négociations de d'Éprémesnil.

Le premier soin de Brienne fut de vérifier si la disposition des esprits répondait exactement aux assurances données par le négociateur. Il acquit bientôt la certitude que la majorité du parlement appuyait les propositions qu'il venait de recevoir. Dès lors, son plan

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