Lois anciennesy t. XXVIII, p
2. 29 novembre 1787. Micbelet, Louis XV et Louis XVI, p. 401-402.
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fut arrêté sans retard. Il se contenta de modifier les bases posées par d'Éprémesnil. D'abord, au lieu de promettre la convocation des États généraux dans le délai de deux ou trois années, il jugea plus sage de laisser à la royauté une latitude de cinq ans. A la rigueur, un si long intervalle pouvait se justifier par la nécessité de rétablir l'ordre dans les finances, avant d'inaugurer un nouveau régime politique. Quand les États généraux seraient débarrassés de la question du déficit, ils aborderaient avec plus de calme les grandes réformes qu'on attendait d'eux, et cinq ans d'efforts continus n'étaient pas trop pour équilibrer les recettes avec les dépenses. Peut-être un homme d'Etat eùt-il raisonné d'une manière toute différente. Du moment où l'on arrivait à reconnaître l'impossibilité d'éviter des États généraux, ne valait-il pas mieux brusquer leur convocation? C'est l'opinion émise par Mirabeau dans une lettre adressée on ne sait à qui, le 10 novembre 1787 *. « Une convocation des États généraux, dit-il, est tellement ordonnée par la nécessité, tellement inévitable, qu'avec ou sans premier ministre, sous Achille ou sous Thersite, elle aura indubitablement lieu, et qu'ainsi on en saura médiocrement gré au gouvernement. Mais, si cette époque s'éloigne, ce sera un sujet de plus de mécontentement, de discrédit et de malveillance... Défendez-vous plus encore des lenteurs que de la précipitation; car tout au plus celle-ci pourrait-elle nous conduire à des fautes, qui n'empêcheront pas que nous soyons menés à la révolution, et qu'ainsi elle ne se fasse; mais les autres pourraient eau-, ser des secousses effroyables. » Malheureusement, il est donné à bien peu d'hommes de posséder à la fois la clairvoyance inouïe de Mirabeau et sa promptitude de décision. On comprend que Brienne ait hésité à fran-
i. Mémoires, etc., publiées par Lucas-Montigny, t. IV, p. 461.
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