‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 22 sur 351 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

un 7naf/asin de livres bleus. » Jugez, par ce léger spécimen, du spectacle que devait offrir la France de

Or, il en était de l'ancien régime tout entier, à peu près comme du régime seigneurial. Ce n'est assurément pas la Révolution qui Ta obscurci en le détruisant. Il est resté obscur pour nous, parce qu'il Ta toujours été. Il défie les efforts des historiens, comme il défiait jadis la perspicacité des ministres, des administrateurs, des financiers, des économistes, des statisticiens S des feudistes et des jurisconsultes, en un mot de tous ceux qui ont essayé de le connaître, et qui ont désespéré d'y réussir.

Ce n'est pas non plus la faute de la Révolution si les sources historiques, nécessaires à l'étude approfondie de l'ancien régime et de sa chute, sont aujourd'hui si difficiles à réunir. Lorsque, vers le milieu de notre siècle, une nouvelle école entreprit de nous initier aux secrets du moyen âge, elle trouva la voie déjà ouverte, et la partie la plus ardue de sa tache notablement simplifiée. Avant les historiens, étaient venus les érudits, les fouilleurs d'archives et de bibliothèques, les pion-

1. Avant 1789, ils se livrent à des calculs sans fin pour connaître la population de la France, et ils dc parvieuncnt qu'à des résultats très approximatifs. Au moment des élections, on discute à perte de vue sur le nombre des Français appartenant à chacun des trois ordres, clergé, noblesse, tiers état. La conclusion la plus sûre, c'est que^ personne n'en sait rien au juste, ni les particuliers, ni le gouvernement lui-même.

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