‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 301 sur 351 · LES AUTRES ÉDITS DE MAI · texte numérisé non relu

LES AUTRES ÉDITS DE MAI

une question dominait, absorbait toutes les autres. Aux yeux des hommes les plus raisonnables et les moins révolutionnaires, tout se réduisait à savoir si le gouvernement parviendrait à vaincre la résistance des* magistrats; à se procurer, par la complaissance de la cour plénière, des ressources aussi faciles qu'abondantes, et à sortir, grâce au nouveau régime, de l'embarras qui l'avait contraint de promettre la convocation des États généraux. S'il avait la force de remporter cette victoire, ne serait-il pas tenté d'éluder une promesse qu'il n'avait faite qu'à regret? Que deviendrait alors l'espérance de réformes vraiment sérieuses? Pas plus pour l'histoire que pour les contemporains, il n'importe d'examiner les moyens à l'aide desquels les ministres ont vainement essayé de détourner l'attention publique. A la rigueur, on conçoit Galonné offrant des concessions inattendues en échange des impôts, dont il constatait le besoin. Les choses étaient entières. L'offre méritait d'être comparée à la demande. Mais, en 1788, la grande concession, la concession capitale, avait été déjà faite, du moins en paroles. Il ne restait plus qu'à en obtenir la réalisation effective. Evidemment la mutilation du parlement et sa défaite compromettaient les chances d'une issue favorable, et quelques réformes secondaires étaient loin de suffire à dédommager la France du sacrifice douloureux dont elle se sentait menacée.

Ici d'ailleurs, comme d'habitude, les ministres ont trouvé moyen de gâter ce qu'ils faisaient de mieux par des maladresses inexcusables. Prenons, pour exemple, l'ordonnance sur l'administration de la justice, que les prôneurs de l'ancien régime vantent comme un pur chef-d'œuvre, c Nous avons reconnu, dit le préambule',

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