Mémoires de Weber^ p
Digiti
ment insolite ne pouvait passer inaperçu. II provoqua partout un sentiment d'appréhension, que les nouvelles venues de la capitale ne tardèrent pas d'accroître. Les parlements en conclurent que Theure de la lutte allait sonner, et, sans consentir à Tattendre, ils s'empressèrent de courir au-devant d'elle. « Le plus éloigné de tous, le parlement de Navarre éclata dès le 2 mai, celui de Rouen le 5, Rennes et Nancy le 7 *. » A ces protestations anticipées se joignirent bientôt celles que provoqua la journée du 8 mai. Après les paroles vinrent les actes. La guerre civile n'est pas loin. Nous venons d'en voir Torigine et les préparatifs. Il reste à en étudier le caractère et les conséquences, en commençant par le pays d'ouest parti le premier signal.
Les termes de l'arrêté pris à Pau, le 2 mai 1788, étaient habilement calculés pour produire sur ropinion publique le plus d'effet possible. Sans faire aucune allusion aux droits, aux intérêts spéciaux de la magistrature, le parlement de Navarre invoquait uniquement les grands principes qu'il savait chers à toutes les classes de citoyens. Il en dénonçait la violation imminente et s'efforçait de grouper autour de lui, dans un but de commune défense, quiconque avait souci du maintien des anciennes garanties. « La cour, disait-il ^, considérant que les mesures employées depuis quelque temps» dans l'administration générale du royaume, développent le système formé du gouvernement arbitraire; que, par l'usage fréquent des ordres absolus, substitués à des accusations juridiques, on essaye d'altérer les