Môme récit, eodem
Digiti
il a déclaré « qu'il ne se chargeait de cette commission que dépouillée de tout acte de rigueur et de sévérité; quMl était Béarnais, qu'il tenait aux privilèges de sa patrie; et que si cette démarche devait être suivie de quelque coup de force, dont on lui adresserait Tordre, pendant qu'il serait en Béarn, il suppliait le roi de permettre qu'il ne l'exécutât point; et qu'il prévenait Sa Majesté que, dans ce cas, il se retirerait, sans attendre son congé, pour se rendre auprès d'elle et pour y devenir le défenseur le plus zélé des constitutions de son pays. y> A la suite de ces déclarations inattendues, « tous les cœurs s'attendrissent, » suivant les habitudes et le style de l'époque. On court au château chercher le berceau de Henri IV. Les gardiens sont obligés de le remettre à la foule. On l'entoure de guirlandes. « Quatre paysans de quatre vallées différentes se sont chargés de ce dépôt précieux; » ce qui prouve, en passant, que les montagnards du 19 juin étaient revenus à Pau le 13 juillet, pour les besoins de la même cause. Un jeune homme revêt le costume de Henri IV. Puis, la foule se rend chez le duc de Guiche. On le harangue, on le félicite, et lui-même répond en ces mots : « Comme vous, messieurs, je suis Béarnais jusqu'au dernier soupir, et je suis Grammont. Je ne me serais pas chargé d'ordres désagréables. Soyez tranquilles, je viens vous faire du bien. »
Le lendemain 14 juillet, le duc de Guiche eut une longue conférence avec le procureur général, qui se chargea de transmettre les propositions ministérielles à une commission parlementaire, réunie chez le premier président. Le résultat de la délibération fut tel qu'on devait Fattendre. Les magistrats étaient trop engages pour reculer, trop étourdis par le succès pour se rendre un compte exact des véritables dangers de la situation. D'ailleurs, ils venaient d'avoir une dernière preuve de
Digiti