OPINIÂTRETÉ DE L 'ARISTOCRATIE
adressant à tous les évoques de Bretagne une circulaire dans laquelle elle leur demandait d'ordonner, chacuii dans son diocèse, les prières publiques usitées dans les temps de calamité. « On eut de la peine à étouffer cette réquisition incendiaire '. » De leur côté, les assemblées illicites de la noblesse brûlaient de marcher sur les traces de la commission des états. Une entre autres, composée d'environ douze cents membres, chargea douze députés d'aller présenter au roi un nouveau « mémoire plus fort que celui qui avait été rejeté *. » On y remarquait entre autres ce passage : « Vos ministres, sire, ajoutant chaque jour à l'abus qu'ils font de votre autorité, s'efforcent d'étouffer les justes réclamations de vos sujets... Le recours au souverain est un droit naturel, qu'on ne peut contester à aucun citoyen, à plus forte raison aux gentilshommes bretons, membres nés et toujours subsistants du corps politique et constitutionnel de la province. On viole leur constitution, et Ton reprocherait, à l'un des ordres qui composent les états de la province, de se réunir pour faire connaître au souverain, par de respectueuses réclamations, le péril imminent de la chose publique! ' » Les gentilshommes bretons feignaient d'oublier que les états eux-inémes n'avaient le droit de s'assembler qu'à l'époque ordinaire de leur session, avec l'autorisation du roi, et en présence des commissaires royaux.
Tant d'obsessions et de bravades exaspéraient la cour. Le roi ne se donna pas la peine d'accorder l'audience qui lui était demandée. Les ministres répondirent par des fins de non-recevoir. « Ennuyés de ces délais et aigris par ce dédain, les députés allèrent de porte en porte, dans toutes les maisons de Versailles et de Paris