‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 3)Chapitre 341 sur 351 · Sallier, ioco cUalo · texte numérisé non relu

Sallier, ioco cUalo

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S62 LA CHUTE DE L'aNCIEN RÉGIME

qui tenaient à la Bretagne par quelque lien si faible qu'il fiU. Là, ils faisaient des prosélytes et recueillaient des signatures \ » Une des premières et des plus importantes qu'ils obtinrent, était œlle du comte de Boisgelin, qui présidait alors la chambre de la noblesse aux états de Bretagne, et qui occupait, dans la maison du roi, la place de grand maître de la garde-robe. Ainsi le parti de Topposition à outrance recrutait des adhésions jusque parmi les courtisans, attachés à la personne de Louis XVI par les fonctions les plus intimes. Ilparalt aussi que les douzedéputés entrèrent en relations avec le marquis de Lafayette, sous prétexte qu'il possédait une terre en Bretagne. Celui-ci n'était pas homme à négliger loccosion de prendre part à des menées qui hâtaient visiblement la chute de l'ancien régime. « Non seulement, il signa le mémoire, mais il le perfectionna. Il eut chez lui des comités bretons. » Toutefois ces rapports ne pouvaient être de longue durée. Lafayette n'entendait pas s'associer à une réaction aristocratique, et la noblesse bretonne ne se souciait pas davantage de favoriser les progrès d'une révolution libérale. Le jour où les dispositions respectives furent mieux connues, on se sépara dans d'assez mauvais termes. Telle est, du moins, la seule interprétation que comporte, suivant nous, le passage suivant de Sallier * : « Il est, dit-il, à ma connaissance qu'un homme qui, après avoir combattu pour l'insurrection américaine, a depuis joué un rôle éclatant dans la Révolution, tenta dans ces moments d'ébranler la fidélité des nobles bretons, qui rejetèrent avec mépris ses insinuations séditieuses. » Ils n'étaient pourtant pas si scrupuleux observateurs de la légalité, dès qu'ils croyaient avoir intérêt à la violer. Au lieu des petits conciliabules qu'ils avaient

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