Voyez cet exposé à rune des notes précédentes
2, Archives parlementaires, t. IV, p. 139 et suiv.
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péages royaux, dont le titre était annulé par rétablissement d'une autre manière de payer les chemins, que des princes apanagistes, et des seigneurs engagistes ou échangistes aient cru pouvoir, à raison des droits que le roi leur avait transmis, faire ce que l'administration des domaines du roi se permettait dans les siens? Monseigneur le duc d'Orléans les a ainsi remis en vigueur, il y a deux ans, dans le bailliage de Nemours, à Château-Landon, Pont-à-Gasson, Fontenay, Dordives, Ferrières, Souppes et Puiseaux. »
Tels sont les principaux aspects sous lesquels la réaction se présente à quiconque prend la peine d'en recueillir les traces. L'histoire ne doit en négliger aucune. Il faut qu'ici la lumière soit faite et complètement faite. Car il ne s'agit pas seulement de fixer les origines de la crise, dans laquelle sombra l'ancien régime; il s'agit de répartir, entre tous ceux qui le méritent, la responsabilité de la catastrophe. C'est dans cette double pensée, que Barnave, revenu de ses entraînements révolutionnaires, Barnave désabusé, écrivant en prison des notes pleines d'aveux sincères et de jugements impartiaux, évoquait le souvenir de la réaction de 1781, et résumait ainsi qu'il suit les réflexions qu'elle lui inspirait : « S'il était un moyen de prévenir l'explosion du pouvoir populaire *, c'était de l'associer au gouvernement tel qu'il était établi, et d'ouvrir toutes les carrières au tiers étût: on fit tout le contraire. Parce qu'un gouvernement corrompu avait abattu l'aristocratie, on crut qu'un gouvernement paternel devait la rétablir. On rappela les parlements; on rendit à la naissance tous ses avantages; on exclut de plus en plus le tiers état de la carrière militaire; on mit les lois en opposition avec les mœurs, avec la marche naturelle des choses; on fit
i. CEtwrei de Barnave^ U I, p. 81-82.
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56 LA CHUTE DE L'aNXIEN RÉGIME
tout pour irriter la jalousie d'une classe et pour exalter les prétentions de l'autre; on accoutuma le tiers état à voir une puissance ennemie dans le trône, que lui seul pouvait soutenir ou renverser ; on rendit à Taristocratie cette ivresse, qui, lorsqu'ensuite on a voulu la frapper, Ta conduite à provoquer une révolution dont elle est devenue la victime. »
Il serait oiseux d'entrer dans d'aussi longs développements sur le désordre, qui s'étale à côté de la réaction triomphante et forme, avec elle, un des traits distinctifs de l'époque, un des signes du temps. Ici, l'ensemble des faits est connu, avéré. Quant aux détails,, laissons les écrivains spéciaux, comme Bailly *, vérifier article par article, les budgets et les comptes de la royauté. Nous n'avons rien de mieux à faire que de nous en rapportera leur jugement, et, d'après eux, le désordre est certain. Tout au plus nous reste-t-il à chercher quelle est la cause du mal, à qui l'on doit imputer la faute.
Malouet, après avoir parlé du premier ministère de Necker, ajoute ' : « C'est de sa disgrâce, en 1781, quoi qu'on en puisse dire, et de l'impéritie de ses successeurs, que datent les désordres qui nous ont conduits aux États généraux. » N'est-ce pas là trop de sévérité vis-à-vis des contrôleurs généraux sur lesquels tomba le fardeau des finances royales, de 1781 à 1786? Avec plus d'habileté, peut-être n'auraienl-ils pas mieux réussi. Ils avaient tant d'obstacles à vaincre ! Ils étaient
1. Histoire financière de la France, par Bailly, inspecteur général des finances, Paris, Moutardier, 1830, 2 vol. in-8».