XII INTRODUCTION
caractère primitif. Elles ne ressemblent plus, que par une vaine et trompeuse apparence, à celles qui jadis, sous des formes ou des noms analogues, avaient fait la force et la grandeur de notre pays. Au point de décadence où elles sont tombées, elles ne peuvent plus être pour lui qu'une cause de faiblesse, une source de malaise intolérable. Ce n'est donc pas répudier l'héritage de Tancienne France que de dénoncer les vices inhérents à Tancien régime. Un homme a été jeune, intelligent et actif. Son âge mûr a réalisé les heureuses promesses de ses débuts. Puis la veilliesse est venue, et avec elle, les infirmités du corps et de l'esprit, qui trop souvent affligent la fin des longues vies. Songerezvous à juger la carrière de cet homme d'après les misères de ses derniers jours? Il ne serait pas moins inique de juger la France d'<autrefois sur la période de sénilité qui l'a conduite , et qui devait forcément la conduire à l'agonie suprême. Voilà ce qu'il ne faut jamais oublier, quand il est, comme ici, question de l'ancien régime. Voilà ce qui permet d'être justement sévère à son égard, sans manquer de reconnaissance pour les bienfaits, ni de respect pour les gloires des régimes antérieurs.
La distinction est d'autant plus nécessaire qu'elle est trop souvent méconnue. Récemment encore, les journaux se plaisaient à reproduire une lettre adressée par M. le comte de Chambord à M. le baron de Galonné, au sujet d'un ouvrage de celui-ci, intitulé : Etude sur la vie municipale au xv" siècle dans le nord de la France. Cette lettre contient entre autres les passages
Digiti