‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 107 sur 362 · Mémoires, p · texte numérisé non relu

Mémoires, p

France, par ceux qui projetaient la Révolution. Elles avaient été interdites en 1787, au commencement des troubles parlementaires. Necker, lors de son rappel au ministère, s'était empressé de les rétablir, et en avait fait un des principaux foyers de fermentation. »

Il se pourrait néanmoins qu'il y eût là quelque légère erreur. Ou bien tous les clubs n'ont pas été rouverts d'un seul coup, ou bien ils ne l'ont été que plus tard, au début de la seconde assemblée des Notables, et peutêtre afin de peser sur leur détermination. Voici en effet ce que porte une correspondance adressée, de France, au roi Gustave III sous la date du 20 novembre 1788 * : « Le fameux salon, près de la Comédie italienne, composé de tout ce qu'il y a de plus grand à la cour et de plus distingué à Paris, qui avait été fermé lors des derniers troubles, parce que M. de Breteuil avait représenté que les Français devenaient Anglais dans ces sortes de conventicules et s'y communiquaient la licence des principes républicains, le salon, dis-je, vient d'être rouvert, à la grande satisfaction des souscripteurs et au grand scandale des femmes qui n'aiment point les clubs. Il existe une autre coterie, qui tient ses assises chez le sieur Massé, restaurateur sous les arcades du Palais- Royal, composée de militaires, de magistrats et autres politiques, dénués d'occupations , mais qui n'en manquent pas dans ce grave conseil, où ils parlent avec une hardiesse et une déraison inimaginables. Le roi, dit-on, lésa qualifiés d'enragés^ mot plaisant qui les assimile aux postillons portant ce même nom, et qui nous mènent les mardis à Versailles, comme des fous, au risque de broyer la voiture et de crever les chevaux. Cet aréopage fougueux travaille en ce moment à un mémoire pour prouver que, dans une véritable monarchie, les

Page 1