mst. de la rév. fr., t. II, p
2. Mémoires et corresp. de Mirabeau, publiés par Lucas de Montigny, t. V, p. 199.
désiré et promis, et je crois que vous n'aurez point de regrets de vous être rendu à nos vœux ; car cette conspiration d'honnêtes gens ira plus loin qu'on ne pense et aussi loin que le voudra l'intérêt public bien compris. Venez-y. Il est digne de vous d'encourager les bons citoyens. » Parmi ces bons citoyens, je ne vois guère que des privilégiés, des aristocrates. L'abbé Morellet signale, à la vérité, un petit groupe de bourgeois, Target, Rœderer, Dupont de Nemours. Cette indication, qui n'est confirmée par aucun autre témoignage, est-elle bien exacte? En tous cas, ici, comme dans les autres sociétés politiques de l'époque, et peut-être plus encore, le tiers état n'est représenté que par une minorité infime. Ses intérêts y sont défendus par des hommes qui ne sortent pas de ses rangs.
Il y aurait une chose encore plus intéressante à connaître que la composition de la Société des Trente : ce sont ses actes, les résolutions qu'elle a prises, les moyens dont elle s'est servie pour diriger le mouvement révolutionnaire. Malheureusement Barentin n'en cite qu'un exemple précis : il prétend que le « trop fameux arrêté du 5 octobre » fut préparé chez Duport. Nous aurons bientôt occasion de vérifier l'exactitude de cette assertion. A la fin de 1788, la Société des Trente fut surtout un club électoral. « C'est là, dit Lafayette S que fut agitée la question de savoir, si les nobles du parti populaire chercheraient de préférence à représenter les communes. C'était l'avis de Lafayette. Il fut combattu avec succès par Mirabeau, et. d'après la résolution qu'on prit, il arriva que le premier devint député de la noblesse, tandis que Mirabeau, repoussé par l'aristocratie provençale, dut se jeter dans la candidature populaire. » Une foule d'autres questions de conduite générale y