‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 110 sur 362 · Mémoires et corresp.^ t. II, ^p · texte numérisé non relu

Mémoires et corresp.^ t. II, ^p

furent également résolues. Puis on s'occupa des questions particulières; on y discuta les candidatures à soutenir; on s'efforça de les faire prévaloir. A cette occasion la société commença de nouer des relations en province et de recruter partout une véritable armée d'agents ou d'intermédiaires, dont elle continua d'utiliser les services, bien après les élections. De là le mot que lui applique Rabaut-Saint-Etienne ^ : « Elle entretenait une correspondance active dans tout le royaume et contribuait, en répandant la simultanéité des idées, à préparer la simultanéité des volontés et des forces. »

Pendant que les clubs se rouvraient à Paris et que les sociétés particulières rivalisaient d'ardeur avec les clubs, une fermentation profonde s'emparait de la France entière. Partout l'arrêté du 25 septembre retentissait comme un défi porté au tiers état, et partout le tiers état s'empressait de relever le gant. Ce fut bien pis quand on apprit la convocation des Notables. On crut que le meilleur moyen d'obtenir d'eux une décision conforme au vœu général, était de les effrayer par des démonstrations tellement nombreuses, tellement significatives, qu'ils n'osassent pas résister au torrent de l'opinion publique. Parmi les provinces où ce mouvement éclata avec le plus de vivacité, Sallier cite la Bretagne, qu'il représente toujours comme livrée aux intrigues du gouvernement. « On vit bientôt, dit-il*, dans toutes les villes de la province, des assemblées municipales former des pétitions pour le doublement du troisième ordre aux États généraux, et, pour donner plus

1. Précis- de l'hist. de la rév., œuvres complètes, t. I, p. 282.

Page 1