Hist, de la Rév. fr., t. I, p. Ho
de vue de la tranquillité du royaume. Elle risquait de devenir embarrassante. A côté des questions qu'elle ne tranchait pas, elle en soulevait d'autres, de nature à jeter dans les esprits un nouvel élément d'agitations et de discordes.
Le 28 novembre 1788, le comité général était réuni sous la présidence de Monsieur *. Au début de la séance le prince de Gonti demanda la parole, et, d'un ton solennel, il donna lecture d'une motion, dont il remit le texte sur le bureau. Elle était ainsi conçue: « Monsieur, je dois à Tacquit de ma conscience, à la position critique de l'État et à ma naissance, de vous faire observer que nous sommes inondés d'écrits scandaleux, qui répandent de toutes parts dans le royaume le trouble et la division. La monarchie est attaquée ; on veut son anéantissement, et nous touchons à ce moment fatal. Mais, Monsieur, il est impossible qu'enfin le roi n'ouvre pas les yeux et que les princes, ses frères, n'y coopèrent pas. Veuillez donc, Monsieur, représenter au roi combien il est important pour la stabilité de son trône, pour les lois et le bon ordre, que tous les nouveaux systèmes soient proscrits à jamais ; et que la constitution et les formes anciennes soient maintenues dans leur intégrité. Au reste, Monsieur, quoi qu'il arrive, je n'aurai pas à me reprocher de vous avoir laissé ignorer l'excès des maux dont nous sommes accablés, et ceux plus grands encore dont nous sommes menacés : et je ne cesserai de former les vœux les plus ardents pour la prospérité de l'État et le bonheur du roi qui sont inséparables. Je terminerai. Monsieur, en vous priant de vouloir bien mettre en délibération dans ce comité, où se trouvent rassemblés les commissaires des différents bureaux, s'ils adhèrent ou non à ce qu'il vous plaise faire parvenir au roi tout ce