‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 122 sur 362 · II · texte numérisé non relu

II

le monarque aurait pu se rendre à lui seul le législateur de son pays. » Il ne réfléchit pas que si les choses en étaient déjà venues à ce point, que les Français ne voulussent plus se contenter d'une charte octroyée; si le désastre était déjà si complet que le roi n'eût môme plus la force de faire accepter, de sa main, un ensemble de réformes justes et satisfaisantes, tout était irrévocablement perdu. Pourquoi dès lors recourir à tant d'expédients, se réfugier derrière tant d'échappatoires? C'était au contraire le cas de se risquer hardiment sur la dernière planche de salut, qui s'offrît aux regards des hommes les plus dignes d'être écoutés.

Quant au parlement de Paris, il ne tarda pas à s'apercevoir qu'il ne recueillerait aucun fruit de l'étrange démarche que l'on venait d'arracher à sa faiblesse. Il s'était flatté de ressaisir, du même coup, la faveur du peuple et la bienveillance du prince. Quelle ne fut pas sa déconvenue quand il apprit la réponse faite par le roi à la députation chargée de lui présenter l'arrêté du 5? « Je n'ai rien à répondre à mon parlement sur ses supplications », avait dit Louis XVI de sa voix la plus sèche et la plus brusque. Il ne voyait là qu'une nouvelle tentative d'empiétement sur cette autorité dont il était si jaloux, et le froissement qu'il en éprouvait n'était pas de nature à lui faire oublier ses précédents griefs. L'opinion publique se montra encore plus sévère. Sans doute, si les magistrats, à l'époque de leur rentrée, et comme premier témoignage de leur sagesse, avaient pris une pareille résolution, elle eût été célébrée par des transports d'enthousiasme. « Mais il n'était plus temps, on ne voulut voir, dans son arrêté, que la honteuse palinodie qu'il contenait. Le haut clergé, la noblesse, les Notables s'indignèrent. Le tiers état plaisanta \ » Les chefs

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