VI. Système adopté pour les élections du clergé de France
VII. La crise des brochures, son origine et son développement. — VIII. Les brochures réactionnaires. — IX. Les brochures libérales ou révolutionnaires. — X. Les trois brochures de Sieyès. — XI. Les br<»chures et le régime féodal. — XII. Résultats de la crise des brochures.
L'opinion de la majorité des Notables, contredite à la fois par celle du premier bureau et par l'arrêté parlementaire du 5 décembre, n'inspirait aux privilégiés qu'une médiocre confiance dans le succès de leur cause. Ils sentirent la nécessité de tenter de nouveaux efforts pour agir sur l'esprit de la cour, et, par son intermédiaire, sur les résolutions du gouvernement. On se rappelle en quels termes Louis XVI avait terminé sa réponse à la motion du prince de Gonti. Sans attacher grande importance à ce détail, il avait dit que, dans le cas où les princes de sa maison auraient quelque
observation à lui soumettre, c'était à lui qu'ils devaient s'adresser directement. Sous prétexte de ces derniers mots, cinq des princes, poussés par le parti réactionnaire, et consentant à se faire les organes de ses prétentions, présentèrent au roi un mémoire, signé par le comte d'Artois, le prince de Gondé, le duc de Bourbon, le duc d'Enghien, et le prince de Gonti. G'est ce que les contemporains appelèrent aussitôt la lettre des princes, Gar les signataires de ce factum, imitant les habitudes ou les manies de leur époque, n'entendaient certes pas « le renfermer dans le secret de leur communication avec le roi, dont seul il devait être connu *. » Au contraire, ils prirent soin de lui donner la publicité la plus large et la plus éclatante. Ils le répandirent à profusion dans le royaume comme un véritable manifeste. On en attribua généralement la rédaction à M. de Monthyon, alors chancelier du comte d^Artois, celui-là même qui depuis s'est recommandé à notre estime par des œuvres plus méritoires. Pour apprécier exactement la portée de ce document curieux, il serait peut-être nécessaire d'en reproduire ici le texte complet. Eu égard à sa longueur, nous nous bornerons à en citer les passages essentiels.
« Sire, dit la lettre des princes % l'État est en péril ; votre personne est respectée, les vertus du monarque lui assurent les hommages de la nation; mais, sire, une révolution se prépare dans les principes du gouvernement : elle est amenée par la fermentation des esprits. Des institutions réputées sacrées, et par lesquelles cette monarchie a prospéré pendant tant de siècles, sont converties en questions problématiques, ou même décriées comme des injustices.... Tel est le malheureux progrès de cette effervescence, que les opinions
• 1. Mémoires de Weber, p. 144.