‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 131 sur 362 · Taine, VAncien Régime, p. 497. i · texte numérisé non relu

Taine, VAncien Régime, p. 497. i

doute. Son avis est que « le gouvernement doit opter et opter dans le sens populaire, se détacher des privilégiés, abandonner les vieilles formes, donner au tiers double vote. Clergé et noblesse sont détestés, leur suprématie semble un joug. » Puis il ajoute : « Au mois de juillet dernier, on eût reçu les anciens États avec transport, et leur formation n'eût trouvé que peu d'obstacles. Depuis cinq mois, les esprits se sont éclairés, les intérêts respectifs ont été discutés, les ligues se sont formées. On vous a laissé ignorer que, dans toutes les classes du tiers état, la fermentation est au comble, qu'une étincelle suffit pour allumer l'incendie... Si la décision du roi est favorable aux deux premiers ordres, insurrection générale dans toutes les parties de la province, 600000 hommes en armes et toutes les horreurs de la Jacquerie. » Évidemment la Franche-Comté n'avait pas seule le triste privilège d'une exaspération si violente. Partout les provocations imprudentes de l'aristocratie, les absurdes menaces des princes avaient retenti comme un signal de guerre civile. Partout, ainsi que le disait justement M. de Caumartin, la moindre étincelle suffisait pour allumer un incendie.

Les esprits étaient déjà si montés que les chefs du parti populaire dressaient déjà leurs batteries, pour le cas où la décision du gouvernement ne leur serait pas favorable. Ils combinaient les moyens de l'éluder et d'arriver quand même au résultat qu'ils considéraient comme indispensable au succès de leur cause. « En l'année 1797, dit Sallier *, Duport étant revenu un moment en France, je parlais avec lui des différentes époques de la Révolution. Je lui disais qu'elle avait été décidée par le doublement du tiers état accordé par le roi. Point du tout, me répondit-il, si. on ne nous eût pas

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