Mémoire, p
Maintenant que nous savons par qui et comment a été prise la décision du 27 décembre, examinons de plus près en quoi elle consiste. La forme inusitée, suivie pour sa publication, a soulevé jadis de vives et nombreuses critiques. Tout y semblait étrange, même le titre jusqu'alors inconnu de Résultat du conseil du roi tenu le 21 décembre i788, et dont l'histoire de l'ancien régime n'offre pas d'autre exemple. On s'étonnait surtout de voir un acte de la volonté royale, presque dissimulé dans quelques lignes de dispositif, sans considérants, sans préambule, alors que la pensée ministérielle se développait complaisamment dans un long rapport, devenu ainsi la partie principale de ce singulier document. A ce propos, on a reproché à Necker « sa vanité exubérante, son désir immodéré d'étaler à tous les yeux son mérite et ses services. » On a été jusqu'à dire que, sans souci de la considération due à l'autorité royale, il « prenait le rôle du roi par impuissance de remplir le personnage de ministre \ » Si du moins la valeur du fond eût été de nature à excuser le vice de la forme ! Mais plus Necker cherche à sortir de ses attributions financières, de celles qui conviennent le mieux à ses aptitudes, et plus il laisse percer son insuffisance ; plus il montre, avec l'aveuglement de son esprit, l'étroitesse de ses vues.
Quelle est la base fondamentale de la combinaison qu'il propose? Il se figure qu'il est possible de trancher la question du doublement sans toucher à celle du vote par tête, et d'accorder l'un sans rien préjuger quant à l'autre. Dès le début de son rapport, il témoigne haute-