‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 4)Chapitre 136 sur 362 · Droz. Hist. de Louis XVI, t. II, p · texte numérisé non relu

Droz. Hist. de Louis XVI, t. II, p

ment qu'il ne saurait concevoir, entre ces deux difficultés connexes, le lien que tout le monde y voit. La question du doublement, dit-il, divise en ce moment le royaume. « L'intérêt * qu'on y attache est peut-être exagéré de part et d'autre; car, puisque l'ancienne constitution ou les anciens usages autorisent les trois ordres à délibérer et à voter séparément aux États généraux, le nombre des députés, dans chacun de ces ordres, ne paraît pas susceptible du degré de chaleur qu'elle excite. Il serait sans doute à désirer que les ordres se réunissent volontairement dans l'examen de toutes les affaires, où leur intérêt est absolument égal et commun; mais cette détermination même dépendant du vœu distinct des trois ordres, c'est de l'amour commun du bien de l'État qu'on doit l'attendre. » La même erreur inspire ses conclusions personnelles qui sont ainsi conçues : « Obligé maintenant, pour obéir à ses ordres, de donner mon avis, avec les autres ministres de Sa Majesté, sur l'objet essentiel traité dans ce moment, je dirai donc qu'en mon âme et conscience, et en fidèle serviteur de Votre Majesté, je pense décidément qu'elle peut et qu'elle doit appeler aux États généraux un nombre de députés du tiers état, égal en nombre aux députés des deux ordres réunis, non pour forcer, comme on le paraît craindre, la délibération par tête, mais pour satisfaire le vœu général et raisonnable des communes de son royaume, dès que cela peut se faire sans nuire aux intérêts des deux autres ordres. » En vain, on lui objecte que le tiers ne réclame le doublement que pour arriver à la réunion des ordres. En vain, on lui signale, derrière le tiers état proprement dit, l'apparition du peuple et l'entrée en scène de la démocratie, avec ses prétentions radicales et le ferme dessein de les pousser jusqu'au bout. Fermant

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